La production en grande série du Tesla Semi démarre cet été à la Gigafactory Nevada. Entre 5 000 et 15 000 unités sont attendues pour 2026, et les premiers chauffeurs qui ont tourné le volant ne veulent plus remonter dans un diesel.

La Gigafactory Nevada, avec une usine dédiée de 158 000 m², vise 50 000 unités par an du Tesla Semi Truck à partir de cette année - ©Mike Mareen / Shutterstock
La Gigafactory Nevada, avec une usine dédiée de 158 000 m², vise 50 000 unités par an du Tesla Semi Truck à partir de cette année - ©Mike Mareen / Shutterstock

On l'attendait depuis qu'il a été annoncé en 2017, le Tesla Semi a souvent ressemblé à une promesse sans lendemain. Une première livraison avait eu ensuite lieu en 2022, à Pepsi, puis le concurrent direct de Tesla sur le segment du camion électrique, Nikola, a déposé le bilan début 2025. Entre temps, les subventions fédérales américaines ont été rabotées par l'administration Trump, et les flottes hésitent à dépenser trois fois le prix d'un diesel pour un camion qui charge des heures.

Pourtant, Elon Musk a posté en février 2026 sur X que la production en haute cadence commençait cette année. La Gigafactory Nevada, avec une usine dédiée de 158 000 m², vise 50 000 unités par an une fois montée en puissance. Tigress Financial Partners anticipe 5 000 à 15 000 livraisons pour 2026.

Un corps qui dit merci

Notre confrère américain TechSpot a pu interroger des chauffeurs du Semi Truck de Tesla.

Angel Rodriguez, chauffeur de 56 ans chez Hight Logistics à Long Beach, a passé des décennies à gérer un embrayage et une boîte 13 vitesses. Après un mois de pilote au volant du Semi, il tresse des louange au modèle électrique de Tesla : « C'est plus facile pour le corps. Moins de stress, parce qu'on ne gère plus ni l'embrayage ni le levier ».

La transmission automatique facilite les conditions de travail sur de longues journées de route. Le siège centré aussi, avec des écrans qui couvrent tout le tour du véhicule et suppriment l'angle mort côté droit. Et ce sont des professionnels du volant, qui se méfient naturellement de chaque nouveauté, qui le rapportent spontanément.

Dakota Shearer, chauffeur pour IMC Logistics, s'est retrouvé coincé dans un virage serré avec une remorque de 12 mètres, quelque part près de Sparks au Nevada. Dans un diesel classique, il aurait multiplié les sorties de cabine pour vérifier ses angles. Avec le Semi, une seule manœuvre a suffi. « C'est comme si ça n'avait pas existé », a-t-il confié au Wall Street Journal. Lors du même essai pilote d'un mois, il a gravi un col de montagne avec 11 tonnes de croquettes pour chiens à bord, et le camion a tracté sans broncher.

Les chauffeurs poids-lourds professionnels qui ont pu tester le Tesla Semi Truck sont fans - ©Mike Mareen / Shutterstock
Les chauffeurs poids-lourds professionnels qui ont pu tester le Tesla Semi Truck sont fans - ©Mike Mareen / Shutterstock

Maintenance réduite, rayon d'action élargi

Geovanny Melendez est vice-président des opérations chez Big F Transport à Wilmington. il a vu le Semi lors d'un ride-and-drive près du Port de Long Beach. Chez lui, cinq mécaniciens assurent aujourd'hui l'entretien de plus de 40 diesels et d'une flotte de châssis. Avec un parc 100 % électrique, il estime qu'un seul mécanicien suffirait pour les châssis, puisqu'un groupe motopropulseur électrique a beaucoup moins de pièces mobiles qu'un diesel et échappe aux révisions régulières du thermique.

Pour Jennie Abarca, cofondatrice et PDG de King Fio Trucking à Long Beach, l'autonomie de 500 miles déverrouille des routes inaccessibles à ses 11 camions Volvo et Nikola, bloqués à environ 360 km. Elle a calculé deux ou trois rotations quotidiennes entre le port et les entrepôts de l'Inland Empire sur une seule charge, contre une rotation maximum avec ses camions actuels. Elle a commandé 20 unités et souhaite à terme remplacer les 27 diesels de sa flotte.

Tesla a publié une carte de ses futurs Megachargers le long des corridors logistiques en Californie, au Texas, dans le Nord-Ouest pacifique et dans le Sud-Est, avec des ouvertures prévues d'ici à 2027. Ne nous emballons donc pas trop vite du côté des professionnels de la route.

Source : TechSpot